Pourquoi la poésie est un acte de résistance douce
- Solange Cobo
- 7 janv.
- 2 min de lecture

Il existe des résistances qui ne crient pas.
Elles ne renversent rien. Elles ne s’opposent pas frontalement.
Elles tiennent.Elles respirent. Elles continuent, malgré tout.
La poésie est de celles-là.
Résister sans durcir
Dans un monde saturé de discours, où tout doit être expliqué,
défendu, optimisé,la poésie choisit un autre chemin.
Elle ne cherche pas à convaincre. Elle ne cherche pas à dominer. Elle ouvre.
Résister par la poésie,ce n’est pas lutter contre,c’est tenir un espace autrement.
Un espace où la lenteur est permise. Où la nuance existe encore.
Où le silence a droit de cité.
La poésie est une résistance douce parce qu’elle refuse la brutalité des simplifications.
Quand le langage s’abîme, la poésie veille
Nous vivons une époque où les mots sont usés,vidés, accélérés, instrumentalisés.
On parle pour vendre.On parle pour convaincre.On parle pour se justifier.
La poésie, elle, parle pour rester vivant.
Elle veille sur le langage comme on veille un feu la nuit :
sans bruit, sans éclat, mais sans jamais partir.
Là où le langage devient violent, la poésie réintroduit de la justesse.
Écrire comme on respire
La poésie n’est pas réservée aux livres.Elle commence bien avant.
Elle commence :
quand quelqu’un ose dire ce qu’il ressent sans l’expliquer,
quand une phrase tombe juste sans chercher l’effet,
quand écrire devient un geste de survie intérieure.
Écrire, dans ce sens,n’est pas produire un texte,mais se donner de l’air.
Écrire, c’est respirer avec des motsquand le monde coupe le souffle.
Une résistance qui relie
La résistance dure sépare.Elle crée des camps.Elle oppose.
La poésie relie.
Elle relie :
les êtres à eux-mêmes,
les individus entre eux,
les histoires singulières à une mémoire collective.
Dans un atelier, un cercle, une lecture,on voit des personnes très différentesse reconnaître dans une même phrase.
La poésie ne gagne pas. Elle fait lien.
POETEA : tenir des espaces de résistance douce
Chez POETEA,nous croyons que la poésie est un acte politique au sens noble :un acte de présence au monde.
Créer un atelier,ouvrir une retraite,animer un cercle d’écriture,porter la poésie en milieu rural ou fragile,ce n’est pas anodin.
C’est refuser :
la vitesse imposée,
la rentabilité des émotions,
la standardisation des récits.
C’est choisir :
l’écoute,
la dignité,
la singularité de chaque voix.
Résister, c’est rester humain
La poésie ne sauve pas le monde.Mais elle empêche qu’il se ferme complètement.
Elle rappelle que :
chaque être porte une voix,
chaque histoire mérite une écoute,
chaque passage de vie peut être honoré.
Résister par la poésie,c’est continuer à parler vraidans un monde qui pousse à se taire ou à crier.

La poésie résiste.Mais elle fait plus que tenir.
Elle répare le quotidien, à hauteur d’homme, dans les gestes simples.


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